Fumée à la foire de Fribourg : dénonciation
Lettre au Conseil d'Etat
Claude LÄSSER
Président du Conseil d'Etat fribourgeois
Rue des Chanoines 17
1701 FRIBOURG
Concerne : Mise en application de l'interdiction de fumer dans les lieux publics.
Monsieur le Président du Conseil d'Etat,
Nous accusons réception de votre courrier du 21 avril 2009 qui a retenu toute notre attention.
Nous sommes très surpris de lire : « Le Conseil d'Etat tient à rappeler que la protection contre le tabagisme passif est une préoccupation d'importance à ses yeux. »
Certaines de vos prises de position méritent d'être rappelées :
Monsieur Georges Godel
Monsieur Claude Lässer
Monsieur Beat Vonlanthen
Dès lors, de lire «que la protection contre le tabagisme est une préoccupation d'importance pour le Conseil d'Etat» est déconcertant non ?!
Par ailleurs, dans son rapport annuel 2008, le CIPRET laisse croire que la protection contre la fumée passive est due uniquement à son engagement. Message repris par Madame Monica Celio dans La Liberté du 14.05.2009. De son côté, la directrice des Ligues de santé du canton de Fribourg, Madame Rose-Marie Rittener, s'attribue également le succès de l'interdiction de fumer dans les lieux publics (La Liberté du 05.06.09). Dans ces interventions, aucune mention du Comité d'initiative fribourgeois contre la fumée passive qui, grâce à l'énorme travail qu'il a accompli sans l'appui d'aucune structure de l'Administration cantonale nous tenons à le préciser, la loi pour la protection contre la fumée passive dans les lieux publics fermés n'aurait jamais été votée.
En ce qui concerne le règlement d'application, ce qui nous rassure, c'est la ferme volonté du Conseil d'Etat de tout mettre en oeuvre pour que cette mesure d'hygiène et de santé publiques soit strictement respectée. Nous sommes convaincus que des directives précises seront données dans ce sens. Nous tenons à vous en remercier par avance.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président du Conseil d'Etat, à l'expression de notre parfaite considération.
Le vice-président Le président
Daniel Schafer Michel Chapalay
Lettre aux ligues de santé
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- Madame Rose-Marie RITTENER
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Route des Daillettes 1
1709 FRIBOURG
Concerne : Interdiction de fumer dans les lieux publics fermés du canton de Fribourg
Madame la
Directrice,
Nous
nous référons au reportage paru dans le journal La
Liberté du 05.06.09 dans lequel vous faites part de
votre engagement dans la lutte contre la fumée
passive.
Nous sommes stupéfaits de lire « On est très
content, on s'est beaucoup engagé pour cette
interdiction.» Dans votre intervention vous ne
mentionnez à aucun moment le rôle fondamental que
nous avons tenu.
Nous voulons tout de même vous rappeler que l'entrée
en force dès le 1er janvier 2010 de la loi
d'application pour l'interdiction de fumer dans les
lieux publics fermés est due uniquement à l'énorme
travail effectué par le Comité d'initiative
fribourgeois contre la fumée passive, ceci sans le
soutien d'aucune structure de l'Administration
cantonale du canton de Fribourg.
Par ailleurs, dans son rapport annuel 2008, le CIPRET
laisse croire que la protection contre la fumée
passive est aussi due uniquement à son engagement.
Message repris par Madame Monica Celio dans La
Liberté du 14.05.09. Dans ces deux interventions,
l'action essentielle de notre Comité n'est aucunement
mentionnée.
Vous comprendrez dès lors que nous ne pouvons pas
rester sans réaction suite à de telles déclarations
non conformes à la réalité.
Veuillez agréer, Madame la Directrice, nos
salutations distinguées.
Le
vice-président Le président
Daniel
Schafer Michel Chapalay
L’économiste Pascal Diethelm revient sur l’affaire Rylander
N’est-il pas ironique que l’Université, qui n’a jamais blâmé Rylander, vous honore aujourd’hui?
C’est l’aboutissement d’un long processus. Il y a toujours eu un déchirement au sein de l’Université. Finalement, la défense de l’intégrité de la science l’a emporté.
Découvrir ce scandale vous a pris des mois entiers.
Je travaillais pour l’OMS. En 1998, l’industrie du tabac s’est engagée à publier ses archives sur Internet. Lors d’une conférence à Atlanta en 1999, j’ai pris l’engagement de m’intéresser à ce qui concernait la Suisse. Mon idée était que l’industrie se replierait sur les pays lui offrant un sanctuaire. La Suisse en était un tout désigné, par son culte du secret, sa législation favorable à l’industrie, les pénalités dérisoires infligées en cas de procès, etc.
Pensiez-vous, en 1999, « trouver » quelque chose?
Dès cette époque, c’était mon souci. Le nom de Rylander est apparu en 2000, comme l’organisateur de symposiums exonérant totalement la fumée passive.
Depuis vingt ans on savait qu’elle était dangereuse. Là, des scientifiques affirmaient le contraire. Le doute est réapparu. J’ai alors compris que Rylander était un personnage clé chez Philip Morris.
En quel sens?
J’y ai passé des nuits entières. J’ai trouvé dans les archives des copies de chèques versés sur son compte privé, des listings montrant qu’il avait reçu un demi-million de dollars en trois ans. Consultant de Philip Morris, il touchait un forfait de 100'000 dollars, quoi qu’il fasse. Rylander était le principal penseur des stratégies de déni. Dès les années 70, il dirigeait en secret les recherches d’un laboratoire allemand. Il était la personne la mieux informée du monde sur les dangers de la fumée passive. Et il les niait en public.
Vous dénoncez les faits en 2001. Cela vous vaut une poursuite et une condamnation pour diffamation. Vous y attendiez-vous?
Non, nous avions une grande confiance en nous car tout ce que nous disions était étayé par des preuves. La première condamnation nous a mis K. -O. debout. C’était très frustrant. Et puis il y avait tout un aspect subjectif: nous étions vus comme des agités, des fauteurs de troubles. Une image d’extrémistes nous collait à la peau. La partie adverse nous disait « assoiffés de publicité personnelle ».
Finalement, vous gagnez en décembre 2003.
Ce fut une grande victoire. Nous avons toujours su qu’il fallait du temps pour que la prise de conscience se fasse. Nous ne voulions pas d’un jugement rapide, qui aurait tué l’affaire dans l’œuf.
Vous critiquez vertement l’attitude de la Suisse face au tabac.
A l’heure où la communauté internationale se mobilise contre le tabac, la Suisse lui ouvre largement les portes. Ça me rappelle étrangement l’époque de l’apartheid. Alors que le monde entier se mobilisait pour boycotter le régime de Pretoria, la Suisse intensifiait ses échanges avec lui. Ce pays essaie d’avoir une prime à la non-solidarité avec le reste du monde. On retrouve là d’anciens démons suisses...
Sophie Davaris
« Les mentalités ont changé »
En février, Genève votera sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Les mentalités ont-elles évolué?
Je le crois. Il a fallu du temps pour que la population assimile le fait que la cigarette n’est pas «incommodante» mais nocive. Elle tue, en Suisse, 8000 à 9000 personnes par an. Les cigarettiers n’ont admis le lien entre cancer et fumée active qu’en 2000. Quant à la fumée passive – responsable de 1000 morts par an en Suisse – elle n’a été classifiée comme agent cancérigène qu’en 2002.
L’avocat Charles Poncet, votre brillant défenseur contre Rylander, s’oppose à l’initiative.
Oui, il nous a défendus avec beaucoup de conviction. C’est un ami. Il adore la satire, la polémique. Il est si radical que chacune de ses prises de parole nous attire du monde.
Comprenez-vous les arguments des opposants?
Invoquer la liberté n’est pas pertinent car la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Certains défendent une économie libérale et consumériste. D’autres ont déformé l’initiative et l’ont rendue extrémiste, disant qu’elle voulait interdire de fumer en prison.
Certains disent que les lieux publics perdront en convivialité.
C’est faux. Ce sont les zones fumeurs/non-fumeurs qui créent de la ségrégation. Dans des lieux publics sans fumée, on se retrouve tous ensemble, débarrassés de ce critère. Une enquête de l’Université de Zurich a révélé que 25% des gens évitaient les établissements publics à cause de la fumée.
A terme, que préconisez-vous?
Il ne faut pas interdire le tabac mais supprimer sa profitabilité. Lui enlever son aura de glamour. Je pense qu’il faut renationaliser l’industrie, la placer sous tutelle de la santé publique et arrêter d’en faire la publicité. On fournira le produit, mais avec une information complète sur ses dangers et les méthodes de sevrage.
Sophie Davaris
Bonnes fêtes
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