Le comité assume son rôle de sentinelle
22.12.2009 17:48
|
Initiative refusée
01.12.2008 21:08
VOTATIONS CANTONALES • Trois cantons romands se
prononçaient sur le thème de la fumée passive hier, à
savoir Fribourg, Vaud et le Valais. Dans les trois,
la même solution a été choisie: une interdiction
générale de fumer dans tous les lieux publics fermés,
avec une possibilité pour les cafés et restaurants
d'aménager des fumoirs sans service.
Tirer sa clope au bistrot en sirotant une bière, voilà un petit plaisir dont les fumeurs fribourgeois vont devoir bientôt se passer. A l'instar des citoyens vaudois et valaisans, les Fribourgeois votaient ce dimanche sur le thème de la fumée passive. Dans les trois cantons, la même solution a été choisie: une interdiction générale de fumer dans tous les lieux publics fermés, avec une possibilité toutefois pour les cafés et restaurants d'aménager des fumoirs sans service.A Fribourg, le peuple votait sur une initiative plus restrictive qui excluait la possibilité des fumoirs et sur un contre-projet qui l'autorisait. Les deux ont obtenu une majorité d'avis favorables, nette pour ce qui est du contre-projet (63,3%), plus serrée pour ce qui est de l'initiative (54,9%). Et entre les deux, le peuple a donné sa préférence au contre-projet à 52,4%.
Sensibilité linguistique
Le résultat de l'initiative est bien en deçà de celui obtenu pour le même texte dans le canton de Vaud (68,2% de oui). Et très loin du score canon que l'initiative avait réalisé à Genève en février (79,2% de oui). A noter que dans les districts de la Singine et du Lac, l'initiative est même rejetée de justesse. Voilà qui dénote une légère différence de sensibilité entre les deux communautés linguistiques sur la question.Une différence que l'on retrouve à l'échelon suisse, avec des cantons romands qui adoptent des solutions plus restrictives (pas de fumoirs à Genève, fumoirs sans service à Fribourg, Neuchâtel, Vaud et Valais) que les cantons alémaniques, où c'est généralement la version des fumoirs avec service qui est privilégiée, comme à Berne.A la lecture des résultats, le président du comité d'initiative Michel Chapalay est partagé entre deux sentiments. Celui de «demi-défaite», dans la mesure où les fumoirs sont pour lui une «aberration». Mais c'est aussi une «demi-victoire, parce que sans l'initiative, le Conseil d'Etat n'aurait entrepris aucune démarche pour interdire la fumée». Il en veut pour preuve le rejet il y a tout juste un an par le Gouvernement et le Parlement fribourgeois d'une motion voulant imposer le régime des fumoirs.Un peu amer hier, Michel Chapalay évoquait la possibilité de faire un recours contre le résultat de la votation, estimant que le Conseil d'Etat avait fait de la «désinformation» sur son initiative dans la brochure destinée aux citoyens (cf. «La Liberté» du 13 novembre). Avant d'annoncer qu'il y renonçait, au vu de la similitude avec le résultat vaudois, où cette polémique n'a pas eu lieu.Du côté des partis politiques, la satisfaction est assez générale. A droite (PDC, PLR et UDC), on semble surtout soulagé que la solution la moins dommageable pour les cafetiers l'ait emporté. Satisfaction aussi au PCS, qui préférait le contre- projet.
«Un moindre mal»
Côté socialiste, si on privilégiait l'initiative, on salue tout de même la victoire du contre-projet, élaboré par la camarade conseillère d'Etat Anne-Claude Demierre. Seule la présidente des Verts Eva Kleisli ne se dit qu'«à moitié contente» et espère que fort peu de fumoirs voient le jour.Le président de Gastro-Fribourg Tobias Zbinden salue ce résultat comme «un moindre mal pour la branche». Il affiche sa satisfaction que le peuple n'ait pas retenu la solution «extrémiste» de l'initiative. Il reconnaît toutefois que seule une minorité des cafés et restaurants pourront installer des fumoirs (10% au maximum). Les autres devront trouver des subterfuges, comme l'aménagement de terrasses chauffées.Quant à la ministre de la Santé Anne-Claude Demierre, elle s'est dit très heureuse de la préférence donnée à «une solution claire et modérée». Une solution souple, mais beaucoup plus restrictive que celle retenue par les Chambres fédérales (fumoirs avec service et cafés fumeurs jusqu'à 80 m2). La conseillère d'Etat mesure «l'énorme évolution» faite en une année sur la question, depuis le rejet de cette motion qui voulait déjà instituer le régime des fumoirs.
Jusqu'au 1er janvier 2010
Anne-Claude Demierre a annoncé que ses services allaient se mettre au travail dès aujourd'hui afin d'élaborer une ordonnance qui réglera les questions des dérogations pour les lieux privatifs (chambres de homes ou d'hôpital, cellules de prison) ainsi que les détails concernant les fumoirs (grandeur, ventilation, etc.). Pour la taille, la limite supérieure devrait être fixée au tiers de la surface de l'établissement public.Quant à l'entrée en vigueur de la loi, elle devrait intervenir au 1er juillet prochain. Un délai supplémentaire devrait toutefois être octroyé aux cafés et restaurants pour se conformer aux nouvelles dispositions et éventuellement aménager un fumoir. Cela en principe jusqu'au 1er janvier 2010. Les fumeurs ont donc encore un peu plus d'une année pour s'adonner à leur vice en toute impunité dans les bistrots.
PHILIPPE CASTELLA, La Liberté
Tirer sa clope au bistrot en sirotant une bière, voilà un petit plaisir dont les fumeurs fribourgeois vont devoir bientôt se passer. A l'instar des citoyens vaudois et valaisans, les Fribourgeois votaient ce dimanche sur le thème de la fumée passive. Dans les trois cantons, la même solution a été choisie: une interdiction générale de fumer dans tous les lieux publics fermés, avec une possibilité toutefois pour les cafés et restaurants d'aménager des fumoirs sans service.A Fribourg, le peuple votait sur une initiative plus restrictive qui excluait la possibilité des fumoirs et sur un contre-projet qui l'autorisait. Les deux ont obtenu une majorité d'avis favorables, nette pour ce qui est du contre-projet (63,3%), plus serrée pour ce qui est de l'initiative (54,9%). Et entre les deux, le peuple a donné sa préférence au contre-projet à 52,4%.
Sensibilité linguistique
Le résultat de l'initiative est bien en deçà de celui obtenu pour le même texte dans le canton de Vaud (68,2% de oui). Et très loin du score canon que l'initiative avait réalisé à Genève en février (79,2% de oui). A noter que dans les districts de la Singine et du Lac, l'initiative est même rejetée de justesse. Voilà qui dénote une légère différence de sensibilité entre les deux communautés linguistiques sur la question.Une différence que l'on retrouve à l'échelon suisse, avec des cantons romands qui adoptent des solutions plus restrictives (pas de fumoirs à Genève, fumoirs sans service à Fribourg, Neuchâtel, Vaud et Valais) que les cantons alémaniques, où c'est généralement la version des fumoirs avec service qui est privilégiée, comme à Berne.A la lecture des résultats, le président du comité d'initiative Michel Chapalay est partagé entre deux sentiments. Celui de «demi-défaite», dans la mesure où les fumoirs sont pour lui une «aberration». Mais c'est aussi une «demi-victoire, parce que sans l'initiative, le Conseil d'Etat n'aurait entrepris aucune démarche pour interdire la fumée». Il en veut pour preuve le rejet il y a tout juste un an par le Gouvernement et le Parlement fribourgeois d'une motion voulant imposer le régime des fumoirs.Un peu amer hier, Michel Chapalay évoquait la possibilité de faire un recours contre le résultat de la votation, estimant que le Conseil d'Etat avait fait de la «désinformation» sur son initiative dans la brochure destinée aux citoyens (cf. «La Liberté» du 13 novembre). Avant d'annoncer qu'il y renonçait, au vu de la similitude avec le résultat vaudois, où cette polémique n'a pas eu lieu.Du côté des partis politiques, la satisfaction est assez générale. A droite (PDC, PLR et UDC), on semble surtout soulagé que la solution la moins dommageable pour les cafetiers l'ait emporté. Satisfaction aussi au PCS, qui préférait le contre- projet.
«Un moindre mal»
Côté socialiste, si on privilégiait l'initiative, on salue tout de même la victoire du contre-projet, élaboré par la camarade conseillère d'Etat Anne-Claude Demierre. Seule la présidente des Verts Eva Kleisli ne se dit qu'«à moitié contente» et espère que fort peu de fumoirs voient le jour.Le président de Gastro-Fribourg Tobias Zbinden salue ce résultat comme «un moindre mal pour la branche». Il affiche sa satisfaction que le peuple n'ait pas retenu la solution «extrémiste» de l'initiative. Il reconnaît toutefois que seule une minorité des cafés et restaurants pourront installer des fumoirs (10% au maximum). Les autres devront trouver des subterfuges, comme l'aménagement de terrasses chauffées.Quant à la ministre de la Santé Anne-Claude Demierre, elle s'est dit très heureuse de la préférence donnée à «une solution claire et modérée». Une solution souple, mais beaucoup plus restrictive que celle retenue par les Chambres fédérales (fumoirs avec service et cafés fumeurs jusqu'à 80 m2). La conseillère d'Etat mesure «l'énorme évolution» faite en une année sur la question, depuis le rejet de cette motion qui voulait déjà instituer le régime des fumoirs.
Jusqu'au 1er janvier 2010
Anne-Claude Demierre a annoncé que ses services allaient se mettre au travail dès aujourd'hui afin d'élaborer une ordonnance qui réglera les questions des dérogations pour les lieux privatifs (chambres de homes ou d'hôpital, cellules de prison) ainsi que les détails concernant les fumoirs (grandeur, ventilation, etc.). Pour la taille, la limite supérieure devrait être fixée au tiers de la surface de l'établissement public.Quant à l'entrée en vigueur de la loi, elle devrait intervenir au 1er juillet prochain. Un délai supplémentaire devrait toutefois être octroyé aux cafés et restaurants pour se conformer aux nouvelles dispositions et éventuellement aménager un fumoir. Cela en principe jusqu'au 1er janvier 2010. Les fumeurs ont donc encore un peu plus d'une année pour s'adonner à leur vice en toute impunité dans les bistrots.
PHILIPPE CASTELLA, La Liberté
Texte de la conférence de presse du 27 octobre
27.10.2008 18:47
Bulletin des médecins suisses
12.10.2008 16:21
Le contre-projet est connu
10.05.2008 08:58
L’économiste Pascal Diethelm revient sur l’affaire Rylander
04.03.2008 16:54
Il vient d’être
honoré par l’Université pour son courage dans
l’affaire Rylander. Avec le médecin Jean-Charles
Rielle, l’économiste Pascal Diethelm, 63 ans, est
l’homme qui a révélé « la fraude scientifique
sans précédent » orchestrée par l’industrie du
tabac à Genève. Pendant trente ans, un professeur de
l’Université, Ragnar Rylander, était grassement payé
par Philip Morris pour nier le danger de la fumée
passive.
N’est-il pas ironique que l’Université, qui n’a jamais blâmé Rylander, vous honore aujourd’hui?
C’est l’aboutissement d’un long processus. Il y a toujours eu un déchirement au sein de l’Université. Finalement, la défense de l’intégrité de la science l’a emporté.
Découvrir ce scandale vous a pris des mois entiers.
Je travaillais pour l’OMS. En 1998, l’industrie du tabac s’est engagée à publier ses archives sur Internet. Lors d’une conférence à Atlanta en 1999, j’ai pris l’engagement de m’intéresser à ce qui concernait la Suisse. Mon idée était que l’industrie se replierait sur les pays lui offrant un sanctuaire. La Suisse en était un tout désigné, par son culte du secret, sa législation favorable à l’industrie, les pénalités dérisoires infligées en cas de procès, etc.
Pensiez-vous, en 1999, « trouver » quelque chose?
Dès cette époque, c’était mon souci. Le nom de Rylander est apparu en 2000, comme l’organisateur de symposiums exonérant totalement la fumée passive.
Depuis vingt ans on savait qu’elle était dangereuse. Là, des scientifiques affirmaient le contraire. Le doute est réapparu. J’ai alors compris que Rylander était un personnage clé chez Philip Morris.
En quel sens?
J’y ai passé des nuits entières. J’ai trouvé dans les archives des copies de chèques versés sur son compte privé, des listings montrant qu’il avait reçu un demi-million de dollars en trois ans. Consultant de Philip Morris, il touchait un forfait de 100'000 dollars, quoi qu’il fasse. Rylander était le principal penseur des stratégies de déni. Dès les années 70, il dirigeait en secret les recherches d’un laboratoire allemand. Il était la personne la mieux informée du monde sur les dangers de la fumée passive. Et il les niait en public.
Vous dénoncez les faits en 2001. Cela vous vaut une poursuite et une condamnation pour diffamation. Vous y attendiez-vous?
Non, nous avions une grande confiance en nous car tout ce que nous disions était étayé par des preuves. La première condamnation nous a mis K. -O. debout. C’était très frustrant. Et puis il y avait tout un aspect subjectif: nous étions vus comme des agités, des fauteurs de troubles. Une image d’extrémistes nous collait à la peau. La partie adverse nous disait « assoiffés de publicité personnelle ».
Finalement, vous gagnez en décembre 2003.
Ce fut une grande victoire. Nous avons toujours su qu’il fallait du temps pour que la prise de conscience se fasse. Nous ne voulions pas d’un jugement rapide, qui aurait tué l’affaire dans l’œuf.
Vous critiquez vertement l’attitude de la Suisse face au tabac.
A l’heure où la communauté internationale se mobilise contre le tabac, la Suisse lui ouvre largement les portes. Ça me rappelle étrangement l’époque de l’apartheid. Alors que le monde entier se mobilisait pour boycotter le régime de Pretoria, la Suisse intensifiait ses échanges avec lui. Ce pays essaie d’avoir une prime à la non-solidarité avec le reste du monde. On retrouve là d’anciens démons suisses...
Sophie Davaris
« Les mentalités ont changé »
En février, Genève votera sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Les mentalités ont-elles évolué?
Je le crois. Il a fallu du temps pour que la population assimile le fait que la cigarette n’est pas «incommodante» mais nocive. Elle tue, en Suisse, 8000 à 9000 personnes par an. Les cigarettiers n’ont admis le lien entre cancer et fumée active qu’en 2000. Quant à la fumée passive – responsable de 1000 morts par an en Suisse – elle n’a été classifiée comme agent cancérigène qu’en 2002.
L’avocat Charles Poncet, votre brillant défenseur contre Rylander, s’oppose à l’initiative.
Oui, il nous a défendus avec beaucoup de conviction. C’est un ami. Il adore la satire, la polémique. Il est si radical que chacune de ses prises de parole nous attire du monde.
Comprenez-vous les arguments des opposants?
Invoquer la liberté n’est pas pertinent car la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Certains défendent une économie libérale et consumériste. D’autres ont déformé l’initiative et l’ont rendue extrémiste, disant qu’elle voulait interdire de fumer en prison.
Certains disent que les lieux publics perdront en convivialité.
C’est faux. Ce sont les zones fumeurs/non-fumeurs qui créent de la ségrégation. Dans des lieux publics sans fumée, on se retrouve tous ensemble, débarrassés de ce critère. Une enquête de l’Université de Zurich a révélé que 25% des gens évitaient les établissements publics à cause de la fumée.
A terme, que préconisez-vous?
Il ne faut pas interdire le tabac mais supprimer sa profitabilité. Lui enlever son aura de glamour. Je pense qu’il faut renationaliser l’industrie, la placer sous tutelle de la santé publique et arrêter d’en faire la publicité. On fournira le produit, mais avec une information complète sur ses dangers et les méthodes de sevrage.
Sophie Davaris
N’est-il pas ironique que l’Université, qui n’a jamais blâmé Rylander, vous honore aujourd’hui?
C’est l’aboutissement d’un long processus. Il y a toujours eu un déchirement au sein de l’Université. Finalement, la défense de l’intégrité de la science l’a emporté.
Découvrir ce scandale vous a pris des mois entiers.
Je travaillais pour l’OMS. En 1998, l’industrie du tabac s’est engagée à publier ses archives sur Internet. Lors d’une conférence à Atlanta en 1999, j’ai pris l’engagement de m’intéresser à ce qui concernait la Suisse. Mon idée était que l’industrie se replierait sur les pays lui offrant un sanctuaire. La Suisse en était un tout désigné, par son culte du secret, sa législation favorable à l’industrie, les pénalités dérisoires infligées en cas de procès, etc.
Pensiez-vous, en 1999, « trouver » quelque chose?
Dès cette époque, c’était mon souci. Le nom de Rylander est apparu en 2000, comme l’organisateur de symposiums exonérant totalement la fumée passive.
Depuis vingt ans on savait qu’elle était dangereuse. Là, des scientifiques affirmaient le contraire. Le doute est réapparu. J’ai alors compris que Rylander était un personnage clé chez Philip Morris.
En quel sens?
J’y ai passé des nuits entières. J’ai trouvé dans les archives des copies de chèques versés sur son compte privé, des listings montrant qu’il avait reçu un demi-million de dollars en trois ans. Consultant de Philip Morris, il touchait un forfait de 100'000 dollars, quoi qu’il fasse. Rylander était le principal penseur des stratégies de déni. Dès les années 70, il dirigeait en secret les recherches d’un laboratoire allemand. Il était la personne la mieux informée du monde sur les dangers de la fumée passive. Et il les niait en public.
Vous dénoncez les faits en 2001. Cela vous vaut une poursuite et une condamnation pour diffamation. Vous y attendiez-vous?
Non, nous avions une grande confiance en nous car tout ce que nous disions était étayé par des preuves. La première condamnation nous a mis K. -O. debout. C’était très frustrant. Et puis il y avait tout un aspect subjectif: nous étions vus comme des agités, des fauteurs de troubles. Une image d’extrémistes nous collait à la peau. La partie adverse nous disait « assoiffés de publicité personnelle ».
Finalement, vous gagnez en décembre 2003.
Ce fut une grande victoire. Nous avons toujours su qu’il fallait du temps pour que la prise de conscience se fasse. Nous ne voulions pas d’un jugement rapide, qui aurait tué l’affaire dans l’œuf.
Vous critiquez vertement l’attitude de la Suisse face au tabac.
A l’heure où la communauté internationale se mobilise contre le tabac, la Suisse lui ouvre largement les portes. Ça me rappelle étrangement l’époque de l’apartheid. Alors que le monde entier se mobilisait pour boycotter le régime de Pretoria, la Suisse intensifiait ses échanges avec lui. Ce pays essaie d’avoir une prime à la non-solidarité avec le reste du monde. On retrouve là d’anciens démons suisses...
Sophie Davaris
« Les mentalités ont changé »
En février, Genève votera sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Les mentalités ont-elles évolué?
Je le crois. Il a fallu du temps pour que la population assimile le fait que la cigarette n’est pas «incommodante» mais nocive. Elle tue, en Suisse, 8000 à 9000 personnes par an. Les cigarettiers n’ont admis le lien entre cancer et fumée active qu’en 2000. Quant à la fumée passive – responsable de 1000 morts par an en Suisse – elle n’a été classifiée comme agent cancérigène qu’en 2002.
L’avocat Charles Poncet, votre brillant défenseur contre Rylander, s’oppose à l’initiative.
Oui, il nous a défendus avec beaucoup de conviction. C’est un ami. Il adore la satire, la polémique. Il est si radical que chacune de ses prises de parole nous attire du monde.
Comprenez-vous les arguments des opposants?
Invoquer la liberté n’est pas pertinent car la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Certains défendent une économie libérale et consumériste. D’autres ont déformé l’initiative et l’ont rendue extrémiste, disant qu’elle voulait interdire de fumer en prison.
Certains disent que les lieux publics perdront en convivialité.
C’est faux. Ce sont les zones fumeurs/non-fumeurs qui créent de la ségrégation. Dans des lieux publics sans fumée, on se retrouve tous ensemble, débarrassés de ce critère. Une enquête de l’Université de Zurich a révélé que 25% des gens évitaient les établissements publics à cause de la fumée.
A terme, que préconisez-vous?
Il ne faut pas interdire le tabac mais supprimer sa profitabilité. Lui enlever son aura de glamour. Je pense qu’il faut renationaliser l’industrie, la placer sous tutelle de la santé publique et arrêter d’en faire la publicité. On fournira le produit, mais avec une information complète sur ses dangers et les méthodes de sevrage.
Sophie Davaris
La pandémie tabagique menace.
10.04.2007 11:12
Tel est le titre d'un article de la revue Pulsations
des Hôpitaux Universitaires Genevois dont nous vous
recommandons la lecture.
20070329Pulsation
20070329Pulsation
Interview de Michel Chapalay
05.04.2007 10:38

